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    L'homme du moment - Alexis HK


    Je déballe mes artifices

    Tous les feux de ma fougue

    Se mettent au service

    De mes fantasmes de paltoquet

    Chef de file de mon style

    Je veux décrocher la Une

    Je me vois comme un digne

    Descendant de la lune

     

    Les gens qui m'emploient

    M'ont conseillé d'être plus direct

    Avant que les squales

    Ne restituent de moi que les miettes

    J'orne de paillettes

    Les recoins sombres de ma vie

    Mes lubies de starlette

    Me donnent des insomnies

     

    L'homme du moment

    M'man tu seras fière

    J'y pense en avançant

    Dans l'allée du cimetière

    Pardon de n'avoir pas pu

    Venir te voir avant

    Je préparais mon avenir

    D'homme du moment

     

    Je déballe mes artifices

    Sous les yeux de la foule

    Ton regard me fixe

    Et mes désirs se mettent au taquet

    Des diables futiles

    Ont exproprié ma mémoire

    Depuis je ne vis

    Que des aventures d'un soir

    Les mots que j'emploie

    Pour te séduire sont toujours les mêmes

    Vous êtes trop nombreuses

    Pour changer à chaque fois de thème

    Ondes furtives

    J'aime les femmes lascives

    J'en change plus souvent

    Que de marque de lessive

     

    L'homme du moment

    Éternel éphémère

    J'y pense en te voyant

    Sortir de ma garçonnière

    Pardon d'être le plus fugitif des amants

    Je respecte mon devenir

    D'homme du moment

     

    A la fin du feu d'artifice

    Loin des yeux de la foule

    Fin de mon service

    Je m'en irai pour d'autres contrées

    Des ombres futiles rappelleront à ma mémoire

    Que l'éternité ne dure jamais plus d'un soir

    Les gens qui m'emploient

    Seront partis pour d'autres vedettes

    Mes femmes et mes squales

    Iront faire l'amour en cachette

    Quand j'aurai perdu mon style

    Que je n'aurai plus la Une

    Quand viendra le moment de remonter dans la lune

     

    L'homme du moment

    Éternel éphémère

    J'y pense en avançant

    Dans l'allée du cimetière

    Pardon de n'avoir pas pu

    Venir te voir avant

    Je préparais mon avenir

    D'homme du moment


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  • Ils arpentaient les rues et campaient sur les places
    Chargés d'objets obscurs, de graines ou bien de vent
    Proposant tout ou rien et de bien peu vivant
    Leurs grands cris appâtant la vaine populace
    Ils arpentaient les rues et campaient sur les places

    Oh, combien je regrette leurs voix et leurs musiques
    Leurs mains escamotant les piécettes d'argent
    Pour service rendu à quelque bonne gens
    Et leur air de se foutre de la chose publique
    Oh, combien je regrette leurs voix et leurs musiques

     

    Que sont donc devenus
    La remailleuse de bas
    Le crieur de journaux
    Et la loueuse de chaises ?
    Où donc se sont perdus
    La cardeuse de matelas
    L'aiguiseur de couteaux
    Et le sucreur de fraises ?
    Qui donc les a revus
    Le vendeur de mouron
    La porteuse de pain
    Et le montreur de vues ?
    Ils ont bien disparu
    Le grilleur de marrons
    L'écorcheur de lapins
    Et le chanteur des rues

    On n'achetait pas que terrestres nourritures
    Autrefois dans nos rues, on y trouvait aussi
    Des colporteurs d'histoires et des marchands d'oublies
    Et il y avait du rêve plein les petites voitures
    On n'achetait pas que terrestres nourritures

    Que sont donc devenus
    La faiseuse d'embarras
    L'accordeur de violons
    Et la teneuse de jambe ?
    Où donc se sont perdus
    La liseuse de draps
    L'ensommeilleur de plomb
    Et le violeur de gambe ?
    Qui donc les a revus
    L'écriveur de tartines
    L'avorteuse de choux
    Et le fouteur de guignon ?
    Ils ont bien disparu
    Le lécheur de vitrines
    La bourreuse de mou
    Et l'encaisseur de gnons

    Certains étaient tenus à l'écart de la foule
    Exerçant un négoce un peu plus inquiétant
    Facteurs de basses oeuvres et vendeurs d'orviétan
    Artisans du frisson, experts en chair-de-poule
    Certains étaient tenus à l'écart de la foule

    Que sont donc devenus
    La toucheuse de boeufs
    L'enjoliveur d'obus
    Et le pinceur de louches ?
    Où donc se sont perdus
    Le dénoueur de noeuds
    La torcheuse de culs
    Et l'enculeur de mouches ?
    Qui donc les a revus
    Le dépendeur d'andouilles
    La mangeuse de santé
    Et l'étouffeur de vents ?
    Ils ont bien disparu
    La gonfleuse de couilles
    Le démorveur de nez
    Et l'étrilleuse de glands
    La tripoteuse d'acné
    Le faiseur de mauvais sang
    La fileuse de diarrhée
    Et l'équarrisseur d'enfants

     

    Juliette
    PETITS MÉTIERS

    Paroles : Pierre Philippe


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  • Pénélope
    Georges Brassens<shapetype id="_x0000_t75" stroked="f" filled="f" path="m@4@5l@4@11@9@11@9@5xe" o:preferrelative="t" o:spt="75" coordsize="21600,21600" />

    Toi l'épouse modèle
    Le grillon du foyer
    Toi qui n'a point d'accrocs
    Dans ta robe de mariée
    Toi l'intraitable Pénélope
    En suivant ton petit
    Bonhomme de bonheur
    Ne berces-tu jamais
    En tout bien tout honneur
    De jolies pensées interlopes
    De jolies pensées interlopes...

    Derrière tes rideaux
    Dans ton juste milieu
    En attendant l'retour
    D'un Ulysse de banlieue
    Penchée sur tes travaux de toile
    Les soirs de vague à l'âme
    Et de mélancolie
    N'as tu jamais en rêve
    Au ciel d'un autre lit
    Compté de nouvelles étoiles
    Compté de nouvelles étoiles...

    N'as-tu jamais encore
    Appelé de tes vœux
    L'amourette qui passe
    Qui vous prend aux cheveux
    Qui vous compte des bagatelles
    Qui met la marguerite
    Au jardin potager
    La pomme défendue
    Aux branches du verger
    Et le désordre à vos dentelles
    Et le désordre à vos dentelles...

    N'as-tu jamais souhaité
    De revoir en chemin
    Cet ange, ce démon
    Qui son arc à la main
    Décoche des flèches malignes
    Qui rend leur chair de femme
    Aux plus froides statues
    Les bascul' de leur socle
    Bouscule leur vertu
    Arrache leur feuille de vigne
    Arrache leur feuille de vigne...

    N'aie crainte que le ciel
    Ne t'en tienne rigueur
    Il n'y a vraiment pas là
    De quoi fouetter un cœur
    Qui bat la campagne et galope
    C'est la faute commune
    Et le péché véniel
    C'est la face cachée
    De la lune de miel
    Et la rançon de Pénélope
    Et la rançon de Pénélope...


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  • CELUI D'ALICE 

    Paroles et Musique: Pierre Perret
    © 1976 - Editions Adèle

    Si je me réfère
    A mon dictionnaire
    Il est temps de faire
    La définition
    De ce mot espiègle
    Qui échappe à la règle
    Plus noble qu'un aigle
    Dans sa condition
    Ce mot vous le dites
    Censeurs hypocrites
    Etablissez vite
    Son vrai sens profond
    Car si on l'ausculte
    Au lieu d'une insulte
    On peut faire un culte
    Du joli mot con

    Ce lieu de délices
    N'a pas de notice
    Mais même un novice
    En aurait la clé
    Y a sous sa pelisse
    Le climat de Nice
    Entre deux éclisses
    Tendrement musclées
    Moi mon seul complice
    C'est celui d'Alice
    C'est de la réglisse
    Du petit sucrin
    La frêle couture
    Qui pourtant l'obture
    Me lit l'aventure
    Au creux de la main

    L'amour enjolive
    Sa discrète ogive
    Aux petites rives
    Finement lactées
    C'est un édifice
    Tout en haut des cuisses
    Un village suisse
    Un matin d'été
    Un mont de déesse
    Qui gonfle et se dresse
    Trouve la caresse
    Quand soudain jaillit
    Le berlingot rose
    Vers ma bouche éclose
    Comme un flamant rose
    S'échappe du nid

    Tartuffes notaires
    Bourgeois de Cythère
    Qui trouvez austère
    Cet endroit charmant
    Il vous est bizarre
    Rien ne le compare
    A votre outil rare
    De super-amant
    Apprenez Jocrisse

    Frustrés de service
    Que celui d'Alice
    Bat pour le plaisir
    Et qu'il se démène
    Sous les coups obscènes
    D'un mât de misaine
    Qui le fait jouir

    O tendre blessure
    Divine échancrure
    Sous votre toiture
    De satin frisé
    Du petit losange
    Filtre l'eau du Gange
    Entre mes phalanges
    Soudains baptisées
    Que la cicatrice
    Si jolie Alice
    Jamais ne guérisse
    Mes amis sinon
    Dans ce monde triste
    De baiseurs centristes
    Qui jouent en solistes
    Je me sens si con


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